Expédition Gouffre de la Fausse Mine 2010
Jbel Essarj - Tunisie
Le Sarj a suscité l’intérêt des spéléologues tunisiens et étrangers depuis les années 70, grâce à ses caractéristiques géologiques mais surtout grâce à l’exploitation minières dont il a fait l’objet et qui a permis la découverte de la fameuse grotte de la Mine, l’un des joyaux de la spéléologie tunisienne. Un joyau que le Spéléo Club de Zaghouan a voulu encore valoriser par la recherche d’une autre entrée afin de détourner les anciennes galeries de la mine.
Pré-expédition
Khomsi a suggéré de commencer par ratisser le secteur dans un rayon de 1 kilomètre de l’entrée de la mine. Cela a nécessité une expédition de reconnaissance et de prospection ainsi que la consultation de cartes géologiques et d’anciens documents. Comme résultat, on a pu localiser quelques grottes prometteuses. L’une d’entre elles est le gouffre de la Fausse Mine. Parmi les points qui le rendent intéressant, la superposition effectuée par Ghassen à 3 h du matin, de la topographie de la Grotte de La Mine (entamée par J.J. LHOPITAU en 1978 et mise à jour par le Spéleo Club MJ Zaghouan en collaboration avec le club Belge SPELEO-HADES en 2000) sur une image de Google Earth du Sarj en respectant l’échelle et l’orientation et en fixant les positions GPS des deux entrées. Les voisins de Ghassen ont sauté de leurs lits réveillés par les cris de joie de ce dernier, le gouffre est situé exactement au dessous de la grande salle de la grotte de la Mine.
L’expédition
Les deux dernières expéditions ont été consacrées à l’exploration du gouffre de la Fausse Mine. La première expédition dirigée par khomsi et animée par Mourad, Ghassen, Hamda et Meher a permis d’équiper et d’explorer le premier puits de 8 mètres et le second puits de 16 mètres très concrétionnés et très beaux avec plusieurs types d’excentriques. Cependant, on a buté sur une étroiture nécessitant des travaux de désobstruction.

Ce n’est que partie remise pour l’expédition suivante. S’armant du matériel nécessaire et renforcé par Tarek et Raja, ainsi que Bouthayna, Sofyen et Sami qui ont assuré la logistique, nous avons fournis beaucoup d’efforts pour réussir la désobstruction. Cela a été fait à la force des bras et ce n’est pas une mince affaire : tantôt c’est Tarek qui donne des coups de marteau, tantôt c’est Khomsi, tantôt c’est l’un qui tient le burin et l’autre qui donne des coups de marteau. L’apport de Tarek a été essentiel à la réussite de cette opération.
Lentement mais sûrement, le passage commence à se dégager : Tarek, Khomsi et Meher peuvent passer en utilisant la technique de descente des puits étroits qui consiste à installer le descendeur sur le mousqueton de la longe au lieu du maillon demi-rond.
L’étroiture passée, nous découvrons un puits avec des petits gours secs, au fond une autre étroiture avec les deux parois qui se rapprochent beaucoup et qui la rendent à la fin infranchissable. En regardant en bas, nous voyons des fissures et des petits trous, nous essayons de sonder le plus gros et là…Stupéfaction, le projectile en chute libre met entre 3 et 4 secondes pour toucher le sol. Ghassen agit en fin physicien et estime la hauteur : entre 45 et 80 mètres. Notre nouvelle sonde munie d’une mini camera est mise à l’épreuve, mais elle ne capte pas grand-chose à cause du champ grandissant. Alors Khomsi attache une lampe torche à la corde et la fit descendre dans le trou ; après quelques mètres la lumière se perd, nous pensons sur le coup que nous étions soit au dessus de la grande salle, soit au dessus du puits qui mène à la deuxième salle. Tarek et Khomsi remontent tout le gouffre et se dirigent vers la grotte de la Mine pour chercher où la lampe a attéri. Pendant ce temps, Mourad et Raja prennent les relevés topographiques de la grotte. Après une heure, Tarek et Khomsi ressortent sans avoir trouvé la lampe. La mauvaise nouvelle est que le gouffre n’est pas au dessus de la grotte de la Mine. Nous pensons qu’une petite déviation dans la topographie a faussé les calculs de position du gouffre par rapport à la grotte de la Mine. Cependant, la bonne nouvelle est que nous sommes au dessus d’un énorme vide à explorer.
Meher redescend le gouffre, récupère la corde et entreprend le déséquipement. Entre temps Mourad et Ghassen dégagent le chantier de désobstruction et remontent le matériel vers la sortie.
Entre 45 et 80 mètres avec un bruit qui résonne et la lumière qui s’égard, ca fait rêver ! Mais pour arriver à passer et voir de quoi il s’agit, il faudrait entreprendre un grand chantier de desobstruction.
Alors grande salle ou puits profond ‼?? Affaire à suivre …
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